Le mot du président

Le 26 juillet 1997, la Fédération des Œuvres Girondines de Protection de l'Enfance  (FOGPE) devient association des Œuvres Girondines de Protection de l'Enfance (AOGPE). Ce changement du titre de la personne morale dénote une adaptation à la réalité de son activité, recentrée sur la gestion d'établissements et de services financés par les fonds publics.

 

La création de l'ex Fédération , le 18 avril 1918, reconnue d'utilité Publique le 7 janvier 1921, revient à Monsieur Olivier BASCOU, Préfet de la Gironde. La mission de la Fédération visait l'harmonisation et la coordination des différentes œuvres centrés sur la protection de la mère et de l'enfant, puis plus tard de l'adolescence.

 

Le champ de l'action sociale et médico-sociale n'était pas structuré autour de politiques publiques affirmées, telles que nous les connaissons aujourd'hui. A sa mesure le Préfet BASCOU fut un précurseur d'une conception planificatrice des dispositifs d'action sanitaire et sociale. Toutefois, le financement des œuvres reposait en grande partie sur des dons ou des ventes de charité, caractéristiques du modèle largement caritatif de l'époque.

 

Inéluctablement au fil des ans, les œuvres connurent le déclin, relayées par des dispositifs formalisés, un cadrage budgétaire et administratif du secteur social privé à but non lucratif, financé par les ressources publiques.

 

Les associations fédérées de la FOGPE prirent leur autonomie ou furent dissoutes.

 

A plusieurs titres les annales de la Fédération reflètent l'histoire de l'action sociale, les représentations ou idéologies dominantes, du XXème siècle à nos jours.

 

Il est toujours souhaitable de convoquer la perspective historique pour comprendre le présent.

 

Cela étant, s'il convenait de saisir une permanence de l'identité associative au cours du temps, j'insisterais sur la préoccupation de l'intérêt général. La manifestation de cette volonté partagée par les sociétaires qui se succédèrent connut bien entendu des formes plurielles, reflet de chaque époque et des personnalités. La tendance persiste aujourd'hui, plus que jamais, assise sur un projet associatif revisité. Combiné aux prescriptions publiques de plus en plus fermes, celui-ci énonce les orientations et valeurs, pour l'ensemble des actes posés par les personnes reliées à l'AOGPE., bénévoles et salariés.

 

Ce projet doit s'inscrire dans le contexte actuel de la société. Le monde que nous vivons est placé sous le signe de la confusion et de la perte des repères. La crise sociale et financière sur fond d'hyper modernité attise la question du comment construire le sens du social ? L'idéal républicain de Liberté, d'Egalité et de Fraternité est mal en point, le cortège des laissés pour compte progresse tous les jours. En écho, le financement public rationnalisé de l'action sociale peine à compenser les inégalités.

 

Certains diront que l'Etat providence est bel et bien enterré, que les vertus des 30 glorieuses croupissent dans les archives de l'histoire. Est-ce si sûr ?...Faut-il renoncer à des principes de redistribution de la richesse plus équitables que ce que nous connaissons actuellement ? Faut-il renoncer à la générosité bien comprise d'une société plus solidaire ?

 

L'AOGPE, à l'image de toutes les associations du secteur repose sur un contrat qui fédère ses membres, elle fait partie du tiers secteur, ce corps intermédiaire entre l'individu citoyen et la puissance publique. Si nous confirmons que l'AOGPE n'est surtout pas opposée aux services publics, en revanche, nous revendiquons un devoir de critique et de suggestion afin de circonscrire un risque d'instrumentalisation du fait associatif, incompatible selon nous avec l'intérêt général.

 

En résumé, humblement, l'AOGPE entend contribuer à faire vivre ensemble des différences.

 

Juin 2010.

Pascal LAFARGUE Président



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